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Mu(e)tation

Phu Quoc est la plus grande île du Viêtnam, située à l’extrême sud-ouest du pays.
Renommée pour ses plages paradisiaques, elle est symbole de réussite touristique.  Elle a connu un développement rapide ces dernières années mais n’a pourtant pas encore terminé tout à fait sa mue.

Phu Quoc est un véritable lieu de contrastes sociaux, jonglant entre hôtels de luxe et modestes demeures. Ce sont ces structures et travaux de grande ampleur qui mobilisent beaucoup d’eau et de terrains au détriment des insulaires. Les eaux usées non recyclées, suivent les rivières pour se diriger vers l’estuaire, là où se trouvent les villages de pêcheurs.

L’île regorge pourtant de coins quasi-désertiques où le touriste est regardé avec de grands yeux.

Un jour, j’ai pu m’aventurer dans un de ces villages perdu tout au nord-ouest de l’île, loin des complexes hôteliers et de leurs superbes rivages, fréquentés uniquement par des familles de pêcheurs vivant au jour le jour loin du tourisme de masse… Ce qui lui conférait aussi un certain charme puisque vierge de toutes constructions, infrastructures et aménagements.

Ce village, bien qu’authentique, ne m’a pas laissé indifférente de par sa désuétude, son semblant d’abandon, ses maisons en ruine, ses tas d’ordures… En y regardant de plus près, je me suis rendu compte que les gens vivaient pleinement ici. Chacun prenait soin de son petit intérieur, aussi petit soit-il : le linge lavé était soigneusement suspendu pour sécher, des cabanes étaient fabriquées avec quelques planches pour y abriter chiens ou poules, de jeunes plantations étaient entretenues dans des pots improvisés…

Les autorités locales entendent bien faire de Phu Quoc un centre de tourisme écologique international. Cependant, la spéculation immobilière et les milliers de personnes qui consomment les ressources locales rendent difficile l’avenir d’un tourisme vert et font de l’île un enfer terrestre pour les insulaires.